« Vu à la TV ! »

« Vu à la TV ! »

Sans doute avez-vous maintes et maintes fois lu sur des réclames la mention « vu à la télé ». C’est ce qui arrive à François Allain lorsqu’il sort dans la rue, devenu très populaire depuis qu’il anime avec succès l’émission « Vintage Mécanic ». Rencontre avec un authentique passionné qui a su rester fidèle à lui-même…

François Allain

François Allain a la cinquantaine bien tassée, ce qui lui donne suffisamment de recul pour apprécier à sa juste valeur ce qui lui arrive. Et de déplorer les replis constants et progressifs de nos libertés individuelles, lui qui est né à une époque pas si lointaine où il n’y avait pas de limitation de vitesse, encore moins de radars, et où l’automobile faisait rêver tous les jeunes gens de sa génération. Signe qui ne trompe pas, François me confie qu’il a « attendu avec impatience ses 18 ans pour enfin décrocher au plus vite le permis de conduire, ce précieux Sésame donnant accès à l’autonomie et à la liberté ! ». 
D’ailleurs, avant d’embrasser définitivement la «cause automobile», François s’est d’abord intéressé dès son plus jeune âge aux «outils individuels de liberté», bien que rien ne le prédisposait à aimer cela en particulier, sa famille restant pour le moins détachée du monde de la voiture. 

François Allain

« Cette attirance ne s’explique pas, c’est comme ça, j’ai toujours aimé ce rapport entretenu entre les hommes et les déplacements motorisés, surtout s’ils sont individuels ». Autant dire que, comme beaucoup d’entre nous, il vit très mal les nombreuses restrictions anti-voiture qui fleurissent chaque année « pour notre bien », au nom de la « transition écologique ». A ce sujet, François ne mâche pas ses mots ! « Certes, la voiture pollue, mais il est consternant de voir que nos élites ne savent que se focaliser dessus, en occultant tout le reste ! Je pense aux avions, aux transports maritimes, aux habitations mal isolées, aux industries lourdes ou aux incendies souvent volontaires qui, à mon sens, sont bien plus préjudiciables en pollution que la seule voiture. Mais c’est tellement plus facile de taper sur l’automobiliste, qui est perçu comme un citoyen solvable, grand pourvoyeur de rentrées fiscales en tout genre ». 

Pas rangé des voitures

Sans surprise, c’est avec un certain détachement que François vit la voiture moderne. 
«Elle sont sans cesse plus fiables, sécurisantes, économiques et confortables, mais excepté quelques sportives d’exception qui procurent de vraies émotions, elles restent trop souvent ennuyeuses, et sont d’abord à mes yeux de bons « déplaçoirs » sans histoire, bien utiles pour aller travailler sereinement ou partir en vacances ». Autant dire que, dès qu’il en a l’occasion, François prend le volant de l’une de ses voitures de collection. « Rouler avec une ancienne, c’est différent. On le fait de temps en temps, notamment le week-end, si bien que l’on savoure chaque kilomètre parcouru à leur bord, ce qui reste malgré tout assez peu sur une année ». Une vraie passion chevillée au corps, qui ne date pas d’hier et qui l’a conduit, presque par hasard, à en faire son métier. « Ma première voiture était déjà considérée comme une ancienne, puisque c’était une Peugeot 204 Coupé, achetée 2500 Francs. J’adore ce modèle, au point d’avoir été responsable du club 204-304, mais aussi de celui gérant l’Autobianchi A112, une autre auto que j’aime beaucoup… et que je possède, tout comme de nombreuses autres 204».

François Allain

Une «boulimie» de voitures anciennes, qui ne va pas sans poser quelques problèmes, à commencer par le manque de place. «J’ai une dizaine d’autos anciennes, dont de nombreux modèles populaires, et même si cela reste beaucoup, je me suis calmé. J’ai été un accumulateur compulsif de nombreuses années, mais avec le temps, je trouve qu’il est plus intéressant d’avoir peu de voitures mais qui roulent, que d’en avoir plein qui sont continuellement en panne, faute d’avoir le temps de m’en occuper». En tout cas, François Allain a su mettre à profit son poste de président de club de voitures anciennes pour avancer vers le métier de journaliste automobile. « Cela m’a permis de rencontrer régulièrement des journalistes spécialisés, à la recherche de modèles spécifiques pour les besoins d’un article, et de découvrir par la même occasion leur métier, vraiment passionnant ». C’est donc presque par « accident » que notre homme a embrassé le métier ! «J’ai commencé aux côtés du regretté Didier Lainé à Auto Passion en 1989, une époque où la voiture ancienne de collection restait vraiment un phénomène marginal. J’ai collaboré avec ce magazine jusqu’en 2015, et cela m’a ouvert des portes sur d’autres titres renommés, comme Rétroviseur ou l’Auto Journal. Ce sont les opportunités de la vie professionnelle qui m’ont conduites vers la télé, notamment comme « spécialiste des véhicules anciens » pour M6 Turbo, aux côtés de Dominique Chapatte». François met alors, sans le savoir, le doigt dans l’engrenage…

Haute fidélité

Ce parcours d’expérience l’a amené, en toute logique, à devenir depuis 2015 le présentateur vedette du magazine télé «Vintage Mécanic», une émission désormais phare de RMC Découverte, qui rassemble jusqu’à plus de 700 000 fidèles grâce au jeu des rediffusions ! 
«Je pense être plus que légitime pour occuper ce poste. J’étais collectionneur de voitures anciennes, mais aussi journaliste spécialisé dans le rétro, auteur de 14 livres sur l’automobile et avec en plus une solide expérience télé». Une bonne pioche de la part de la maison de production «Troisième Œil», puisque François tourne actuellement les 10 derniers épisodes de la 7ème saison. Un travail pour le moins passionnant… mais très prenant ! «Les gens n’imaginent pas tout le boulot que cela représente. Une émission, c’est 10 jours de tournage avec une équipe permanente d’une dizaine de personnes, avec en amont l’écriture d’un script (cela reste une fiction !), des repérages pour le tournage, puis la post-production, avec près de 3 semaines de montage. Et avant de traiter d’un véhicule, je fais mon boulot de journaliste en m’informant sur son passé, son histoire, des anecdotes. Et je dois suivre un script précis, mais j’aime apporter souvent ma patte, avec en prime une bonne dose d’improvisation, ce qui donne de l’authenticité». 

François Allain

Forcément, en tant «qu’homme de télé», François est maintenant très sollicité, ce qui lui laisse de moins en moins de temps libre. «C’est beaucoup de travail, mais je ne vais pas me plaindre ! Je suis conscient de la chance d’exercer ce métier, et faire de la télé, ça a honnêtement changé beaucoup de choses positivement dans ma vie. Je suis souvent reconnu dans la rue, et prends toujours le temps de répondre aux sollicitations de mes fans, en faisant un selfie même si, parfois, j’aimerai rester tranquille. Et le fait d’être désormais connu m’aide à avoir des oreilles attentives pour certaines demandes professionnelles, qui restaient curieusement sourdes avant ! Mais moi, je n’ai pas changé : je suis resté fidèle à moi-même, le François Allain que j’étais hier, simple et abordable, sans vouloir faire de la fausse modestie». Votre serviteur, qui connait notre homme depuis plus de 15 ans peut en témoigner : c’est absolument vrai, et c’est précisément pour cela qu’on l’aime !  Toujours sur la brèche, avec plusieurs fers au feu, François doit déjà nous quitter pour filer vers un énième rendez-vous. «Nous allons bientôt tourner la 100ème de «Vintage Mécanic», et à partir du 6 octobre, les téléspectateurs vont pouvoir découvrir des épisodes inédits qui clôtureront la 7ème saison (à partir de 21h05 !), avec notamment une Porsche mythique, un tank militaire et un vieux cabriolet français rendu célèbre par un inspecteur du petit écran». Un petit écran qui, décidemment, permet de voir bien des choses en grand… et surtout en «haute fidélité» pour celui qui ne s’est jamais renié !   

Mille mercis à Bertrand Petremont pour son aimable accueil à « l’Essence de l’Automobile » 
(06 75 00 27 38) pour la réalisation de ce reportage.

François Allain

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