Garage Gervais la rochefoucauld. Passionnés de génération en génération

Garage Gervais la rochefoucauld. Passionnés de génération en génération

L’histoire de la famille Gervais pourrait presque se confondre avec celle de l’automobile. En effet, c’est en 1912 qu’Henri Tardat, le grand-père de Patrick Gervais ouvre son magasin. À l’époque, on ne parle pas encore du monde de l’automobile (il s’en vend alors 400 000 par an dans le monde entier), mais le besoin en matière de transport se fait sentir. Henri ouvre donc sa boutique de cycles, de motos et de fusils de chasse à La Rochefoucauld, en Charente. Il travaille avec  sa fille qui l’aide a tenir le commerce. De son côté, Roger voit le jour en 1920 et exerce le métier de coiffeur dans la même ville.

Deux trajectoires bien différentes, mais qui allaient toutefois se croiser un jour quand Roger se rendit dans le magasin de cycles. Il fait alors la rencontre de la fille du propriétaire et c’est un coup de foudre immédiat et mutuel au point que la belle décide le jour même de quitter son travail au magasin pour suivre Roger. Nous sommes alors en pleine seconde guerre mondiale, Roger ayant été exempté de guerre pour raisons de santé, il est l’un des rares hommes à rester au village. Cependant, n’y voyez pas là une forme d’opportunisme, car l’amour était bien réel et il unira ces deux tourtereaux pour le reste de leur vie. Roger reprend sa vie, désormais accompagné de son épouse jusqu’à ce jour de 1945 où l’un de ses clients lui demande de lui acheter une automobile à Paris. En effet, en dehors d’être coiffeur, Roger est aussi connu pour être un joueur de poker acharné, une passion pour laquelle il se rendait à Paris tous les 15 jours pour des tournois de Poker.

Nous sommes alors au sortir de la guerre et l’on manque de tout. Les automobiles sont encore rares et surtout difficiles à trouver en campagne dans un état correct alors que cela est plus facile à Paris. Roger accepte la demande et, accompagné d’un ami qui ramènera sa voiture, s’en va acheter une Citroën Traction pour son client. Petit village oblige, la nouvelle se repent très vite et, à la surprise de Roger, le salon de coiffure connait dans les jours qui viennent une affluence record, non pas pour une coupe, mais pour demander à Roger de ramener des voitures de Paris. Là encore, il faut se rappeler qu’en 1945, il n’y a pas ou très peu de concessionnaires automobiles en campagne et que les transports sont encore peu développés. Toujours est-il qu’en quelques jours, Roger se retrouve avec 40 commandes de Citroën Traction.

Un mouvement qui fait immédiatement tilt dans la tête de notre homme. Y voyant une belle opportunité, il décide d’arrêter la coiffure et de se lancer dans le commerce automobile. Il acquiert une ancienne scierie au bord de la nationale (un bâtiment qui est aujourd’hui encore dans la famille) et commence à entreposer les voitures qu’il achète à Paris. C’est ainsi que naît, en 1945, le garage Gervais avec son épouse à la commande et à l’encaissement. Le pari se révèle vite payant et les clients affluent de toute la région. Face à la demande, Roger fait venir des automobiles par wagons entiers, rassemblant un stock comprenant jusqu’à 2000 véhicules. Il achète des terrains autour et recrute du personnel (jusqu’à 200 employés à la belle époque).

Outre le contexte favorable, la force de Roger c’est son esprit joueur. Il aime faire des paris et prendre des risques si bien qu’il n’hésite pas à acheter en grande quantité pour avoir du stock. Alors qu’il fallait attendre 6 mois chez un concessionnaire, 15 ou 20 minutes suffisaient généralement pour repartir du Garage Gervais au volant d’une voiture. Pour satisfaire une large clientèle, il propose des véhicules neufs et d’occasion de toutes marques, mais aussi des véhicules utilitaires et même des camions. Très attiré par les automobiles allemandes, il achète des Audi et surtout des Mercedes directement en Allemagne chez des concessionnaires comme Beker, si bien qu'il fournissait parfois aussi l'importateur France, Charles Delecroix, qui vendait d’ailleurs moins de voitures que lui. Celui-ci ne lui en tiendra jamais rigueur puisqu’il deviendra même le parrain de son fils, Patrick. Toujours est-il qu’avec ce système, le Garage Gervais est resté pendant des années le premier vendeur Mercedes et Audi de France.

Côté familial, Roger a eu deux fils. Élevé dans ce contexte, Christian et Patrick c’est presque naturellement que le premier commence à travailler avec son père dès l’âge de 16 ans. Patrick commence en tant que vendeur et, après seulement un an, devient le meilleur vendeur Mercedes de France ! Ne se contentant pas d’être un bon vendeur, Patrick a également quelques idées. Il soigne les clients, leur propose une coupe de champagne et commence à faire des reprises pour l’achat d’une Mercedes neuve. Une technique qui fonctionne et qui, associée à un stock comme nul par ailleurs, permet aux clients de choisir le véhicule qui leur convient vraiment, le tout en quelques minutes.  les deux frères font prospérer le garage de manière spectaculaire. Un succès qui incite Roger à leur céder l’affaire en 1974, près de 30 ans après sa création.

Qui plus est, la famille a conservé l’esprit joueur et n’hésite pas à prendre des risques. En 1969, ils achètent ainsi un immense bâtiment, le long de la nationale 10 véritable cathédrale (première concession MERCEDES BENZ en CHARENTE pour exposer leur stock et répondre à la demande. Ils n’entendent pas pour autant accumuler des millions pour finir les plus riches du cimetière. Ils se font plaisir, dépensent leur argent, investissent dans l’immobilier et surtout, se constituent au fil des années une collection de voitures anciennes.

En 2003, à l'âge de 83 ans, Roger s’éteint avec le sentiment du devoir accompli. En 58 ans de carrière, il a en effet vendu plus de 70 000 véhicules soit plus de 1200 voitures par an, un chiffre qui reste un record en France.

Ses deux fils continuent toutefois à faire vivre l’entreprise et leur passion, notamment pour les voitures anciennes. Lors d'un déplacement dans l'UTAH en 1981, dans un casino au style saloon, Patrick discute avec le patron qui lui confie qu’il vient de vendre l'établissement pour laisser place à un hôtel et que le saloon sera bientôt détruit. Sur un coup de tête, Patrick, qui est séduit par l’endroit, propose au patron de racheter le saloon pour le faire rapatrier en France. Pour cela, Patrick fait venir à ses frais trois architectes pour étudier le bâtiment, le démonter, marquer toutes les pièces, les entreposer plusieurs conteneurs et reconstruire le tout derrière la fameuse « scierie » familiale. Une opération un peu folle, mais qui se déroule avec succès. Dès lors, en plein milieu de La Charente, trône désormais un véritable saloon comme ceux que l’on voit dans les films américains. Chaque détail a été reconstitué pour recréer l’authenticité du lieu et on s’attend presque à voir quelques individus à la mine patibulaire tapant le carton en sirotant un verre de whisky.  Reste que pour l’occasion, les colts et chapeaux ont été remplacés par la superbe collection personnelle de voitures de collection des 2 frères , ce qui vaut aussi le détour.

En 2018, Christian décède et Patrick avec qui il a une relation fusionelle, décide lui aussi d’arrêter, cette disparition lui enlevant l’envie de continuer seul. 

Une mise en retrait qui ne dure pourtant pas. En 2020, lors d’un repas de famille, Antoine, 21 ans, l’un des petits-fils de Christian exprime à son grand-oncle sa volonté de travailler dans le milieu automobile. Cette discussion rallume la flamme et Patrick, qui n’a que 68 ans, se dit que la fougue du jeune homme associée à son expérience avec pour point commun une passion commune, cela pourrait donner un cocktail explosif. Patrick se remet donc en selle et le garage Gervais renaît début 2021 sous l'impulsion d'Antoine et de son grand-oncle Patrick qui revit une deuxième jeunesse. Antoine est passionnant et passionné, chaque voiture est étudiée, connue sur le bout des doigts.

Associant leurs connaissances, ils réactivent le réseau construit par Patrick et Christian et dénichent des véhicules vintage ou de collection de 3000€ à 300 000€. Le show room reprend des couleurs et présente par exemple une impressionnante exposition de voitures dans un état tout aussi exceptionnel Mercedes exceptionnelles, de la Pagode 1re main jamais retouchée, état concours, à la 280 coupé SE 3,5L 1re main en passant part une 190SL et encore bien d’autres modèles, tous disponibles à la vente. 

Une renaissance placée sous le signe de la passion et pavée d’histoire, d’anecdotes et de traces de cette épopée familiale qui dure depuis plus de 100 ans, c’est remarquable.

Le garage est ouvert 365 jours par an, aux clients, aux amis, aux visiteurs comme aux simples curieux, comme depuis toujours !!!

Garage Gervais La Rochefoucauld
1 Avenue de Verdun
16110 La Rochefoucauld-en-Angoumois
Tél. : 0780479349 
www.garage-gervais-la-rochefoucauld.com