Ferrari Portofino vs Ferrari California T, L’évolution de l’entrée de gamme du cheval cabré

Ferrari Portofino vs Ferrari California T, L’évolution de l’entrée de gamme du cheval cabré

L’entrée de gamme de Ferrari a longtemps été source de discorde. Depuis l’arrivée de la California en 2008, la firme italienne a cassé les codes et bâti sa nouvelle hiérarchie. Son coupé cabriolet équipée d’un V8 atmosphérique avec toit rétractable était devenu son modèle entrée de gamme par excellence. Ferrari souhaitait ainsi proposer un modèle performant et dynamique, GT dans l’âme, tout en laissant le soin au restant de sa gamme d’exprimer pleinement la sportivité du cheval cabré. Mais le changement n’est jamais bien loin puisque la Ferrari California évolue en 2014 avec la California T.

Une évolution qui devenait presque nécessaire et qui a été bien accueillie, et ce malgré le passage au turbocompresseur. D’ailleurs, la Ferrari California T reste à ce jour la Ferrari la plus vendue de tous les temps. Comment ne pas surfer sur cette vague ? 

C’est donc en 2017 que la gamme de Ferrari prend un nouveau tournant, avec la Portofino venant remplacer la California T. Difficile de parler de remplacement, puisqu’il s’agit d’un véritable coup d’Etat. Là où la California T se présentait dans la continuité, la Portofino introduit une pléthore de nouveaux éléments la rendant non seulement meilleure, mais également totalement novatrice. Pourtant, l’auto reprend l’architecture globale, l’empattement ainsi que la mécanique de la California T. Mais l’entrée de gamme de Ferrari n’avait jamais été aussi bien accueillie par la clientèle d’une part et par la presse spécialisée d’autre part. Comment expliquer un tel plébiscite de cette GT rapide, la seule Ferrari au catalogue à demeurer sous la barre des 200,000 euros (hors options) ? Dans ce dossier, nous vous proposons donc de comparer les Ferrari California T et Portofino, l’ancien et le nouveau modèle entrée de gamme. 

Ferrari Portofino VS Ferrari California T 

Une brève introduction

La Ferrari California T est sortie en 2014 pour remplacer la Ferrari California, et souffler le vent frais sur l’entrée de gamme Ferrari. Cette auto marquait le grand retour d’un moteur turbo chez le constructeur italien, le premier après la mythique F40, plus de 20 ans auparavant. La Ferrari Portofino, dont le nom est tiré d’une ville balnéaire de la riviera italienne, a été présentée en 2017 pour remplacer la California T. Les deux voitures possèdent une motorisation turbocompressée centrale avant, et les deux sont des propulsions. La Portofino est sensiblement plus chère que sa devancière (195,000 contre 188,000 euros environ). Mais cet écart de prix se justifie par les avancées techniques et technologiques de la voiture. Chasse aux émissions oblige, les émissions de CO2 de la Portofino (245 g/km) sont légèrement meilleures que celles de la California T (250 g/km), mais cela n’affecte en rien le malus qu’il vous incombe de payer pour avoir le privilège de rouler à leur bord 

Un look plus tranchant que la California T

La Portofino est un nouveau modèle à part entière, là où la California T était une évolution de la California existante. Les différences esthétiques entre les deux modèles sont donc flagrantes. D’ailleurs, c’est ce nouveau look de la Portofino qui a grandement contribué à la rendre enviable aux yeux du client, là où la California T commençait à accuser le poids des années.

La Ferrari Portofino est légèrement moins compacte que la California T, puisque plus longue de 2 cm et plus large de 3 cm. Un immense travail a été fait afin d’obtenir une réduction significative du poids de l’auto : la Portofino ne pèse que 1545 kg contre 1625 kg pour la California T. La face avant de la Portofino est plus travaillée aérodynamiquement, notamment avec un capot bombé remplaçant le capot scindé par l'arête centrale de la California T. De plus, la calandre qui accueille le cheval cabré semble plus sculptée, comme un sourire menaçant. Elle n’est pas sans rappeler la Ferrari 812 Superfast qui a inauguré un nouveau langage esthétique, que l’on retrouve également dans la forme des phares avant, moins ronds, plus fins. Les feux arrière sont placés aux extrémités. Somme toute, un dessin beaucoup plus agressif et menaçant sur la Ferrari Portofino. 

L’aérodynamisme aussi a été complètement retravaillé, fruit de quelques années d’évolutions techniques séparant les deux modèles. De profil, la Ferrari Portofino possède une ligne de toit beaucoup plus sportive, qui se prolonge jusqu’à la poupe, là où la California T marquait un plat entre le toit et la malle arrière. On pourrait presque croire que la Portofino est plus basse que sa devancière, et pourtant, il s’agit d’une simple impression. Les sorties d’air latérales intégrées à la carrosserie font ressortir les flux d’air issus des passages de roues. Il convient de noter que le dessin de la California T et de la Portofino sont tous deux exempts d’appendices aérodynamiques trop prononcés : ni ailerons, ni flaps aéro ou autre artifice. La silhouette se veut simple mais efficace, afin de laisser les merveilles d’aérodynamisme pour le restant de la gamme du cheval cabré.

Une héritière plus pratique et polyvalente

C’est dans l’habitacle que les plus gros changements ont été faits par Ferrari, et qui permettent à la Portofino de se démarquer et de réellement tirer son épingle du jeu. Pour commencer, la planche de bord a été redessinée sur sa partie haute : nouveaux aérateurs, nouvel écran tactile de 10,2 pouces impossible à rater, remplaçant celui plus petit de la California T. La Portofino est tournée vers le conducteur, avec un style plus minimaliste et résolument plus sportif : nouveau volant multifonctions, une console centrale plus fine, des boutons physiques moins nombreux et mieux agencés. Petite nouveauté pour le passager avant, qui jouit désormais d’un petit écran d’infodivertissement au-dessus de la boîte à gant (un gadget premièrement inauguré sur la GTC4 Lusso, mais qui reste une option, il faut le souligner).

En matière de technologie, la direction électrique assistée de la Portofino a été améliorée, empruntée de la virulente 812 Superfast : en effet, c’est la première Ferrari “coupé-cabriolet” à bénéficier du différentiel électronique arrière. La California T quant à elle possède une assistance de direction hydraulique, et non pas électrique.

La Ferrari Portofino se veut plus polyvalente et vivable et pratique au quotidien : les sièges baquets sont affinés, la climatisation a été améliorée, elle est plus spacieuse. En effet, Ferrari annonce que l’espace aux jambes pour les passagers arrière a été revu et amélioré, ce qui rendrait donc la Portofino sensiblement plus confortable que sa prédécesseure. Qui plus est, l’espace de coffre s’est lui aussi amélioré : il passe de 240 L sur la California T à 292 L sur la Portofino ! En d’autres termes, un gain de 52 L de volume de rangement, qui rendent la Ferrari Portofino plus pratique et adaptée aux voyages et à l’utilisation du quotidien. Ferrari estime même qu’il s’agit de son modèle le plus polyvalent, quand bien même il est difficile d’affirmer cela lorsque l’on connaît la GTC4 Lusso. Les deux autos possèdent un toit rétractable en 14 secondes, qui vous permet de rouler cheveux aux vents et de profiter des vocalises de votre moteur. Tiens, parlons-en, du moteur.

Portofino, une California T plus performante

Sous le capot, la différence n’est pas si flagrante entre les deux étalons de Maranello. En effet, les deux véhicules accueillent un bloc essence V8 3,9 L. Là où la California T développait 560 chevaux pour 755 Nm de couple maximal, la Ferrari Portofino culmine à… 600 chevaux pour 760 Nm de couple. Sur le papier, la différence n’est pas astronomique : 40 chevaux et 5 Nm de couple en plus d’une modèle à l’autre. À ce niveau de puissance, ce serait presque superfétatoire, même si le couple de la Portofino est disponible sur une plage de régime plus large. 

Côté performances, la Ferrari Portofino nécessite 3,5 secondes pour abattre l’exercice du 0 à 100 km/h, soit à peine 0,1 seconde plus rapide que la California T. La vitesse de pointe est légèrement améliorée sur la nouvelle arrivante, culminant à plus de 320 km/h, contre “seulement” 316 km/h pour la California T.

Le turbo faisait son grand retour avec la California T, et Ferrari a eu le temps de le perfectionner pour la Portofino, afin d’améliorer son rendement, son efficacité, mais également de réduire les émissions polluantes. Les deux voitures sont évidemment des propulsion, et la puissance est transmise aux roues arrière grâce à une boîte automatique séquentielle à 7 rapports sur les deux autos. 

Autant la Ferrari Portofino que la Ferrari California T restent des Ferrari dans leur ADN, c’est à dire des voitures dynamiques et performantes. Mais la marque italienne cherche à minimiser ses capacités puisqu’il ne s’agit “que” du modèle d’entrée de gamme. Selon Ferrari, ce n’est donc pas un modèle sportif. Ce qualificatif est réservé aux autres modèles de la gamme. C’est une façon de voir les choses !

Quoiqu’il en soit, en ce qui concerne les performances, avantage donc à la Portofino, plus récente et qui se devait d’être au rendez-vous. Mais pas sûr que le commun des mortels et de la clientèle Ferrari se rende réellement compte de ce léger avantage dans les faits. En revanche, Ferrari assure avoir travaillé avec ses ingénieurs sur la sonorité, qui se veut particulièrement soigné. Il y a fort à parier que la Portofino tire la chansonnette aussi bien que ses reprises sont vigoureuses. Qui plus est, l’auto est équipée de valves à pilotage électrique, pour ne pas embêter le voisinage au démarrage. Un petit plus qui fait défaut sur la California T.

Ferrari Portofino
Moteur V8 3,9 L
Puissance CV 600 ch
Couple 760 Nm
Poids 1545 kg
0-100 km/h 3,5 s
Vitesse max 320 km/h
Prix 195,000 euros
Ferrari California T
Moteur V8 3,9 L
Puissance CV 560 ch
Couple 755 Nm
Poids 1625 kg
0-100 km/h 3,6 s
Vitesse max 316 km/h
Prix 188,000 euros

 

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