BMW Série 6 (E24) dès 1976 - Le luxe par la technologie

BMW Série 6 (E24) dès 1976 - Le luxe par la technologie

La BMW Série 6 E24 est un coupé plutôt luxueux et performant, qui a remplacé l’ancienne BMW E9. Présentée au salon de Genève, la première génération de la Série 6 a été produite de 1976 à 1989, puis ne s’est pas renouvelée pendant de longues années. En effet, il a fallu attendre 2004 pour voir la deuxième génération de la Série 6 voir le jour. Cette première génération a été directement remplacée par la Série 8 E31 en 1989, une autre auto de ce dossier.

Cette non-reconduction immédiate s’explique par l’échec tout relatif de cette auto. Dans les années 70, la BMW Série 6 E24 ne respirait pas nécessairement la sportivité dans son segment, et se voyait rudement bousculée par la concurrence (notamment Jaguar et son XJ-S ou encore Porsche et sa 928). En effet, les nombreuses modifications pour raisons de sécurité et son habilité améliorée la rendaient lourde (1500 kg à vide), avec donc des performances moindres. Pourtant, ceci ne lui a pas empêché d’être une des grands coupés luxueux de référence à cette époque.

L’auto reprend la plateforme de la Série 5 E12, mais abandonne la carrosserie hard-top sans montant central de la BMW E9, et opte pour un faux hard-top sans encadrement de vitres. En ce sens, BMW prend peu de risques en restant fidèle à son langage stylistique des années 60, avec un design que l’on doit à Manfred Rennen, inspiré par l’artiste français Paul Bracq.

Dans l’habitacle, la Série 6 E24 respire le grand luxe et est parfaitement insonorisée (mieux vaut baisser une vitre pour bien profiter de la sonorité moteur). Par ailleurs, c’est avec cette voiture que l’on voit progressivement des systèmes électroniques faire leur apparition, comme le désormais disparu Check Control qui permettait de vérifier le niveau d’huile ou des ampoules. Au fur et à mesure, d’autres innovations techniques viennent s’ajouter à la liste selon les versions : antiblocage des freins (ABS), gestion électronique du moteur, ordinateur de bord, airbag conducteur etc…

Sous le capot, BMW a opté pour des motorisations puissantes avec des blocs six cylindres en ligne. Tout d’abord le 6L 3,2L alimenté par injection (200 chevaux - BMW 633CSi), ainsi que le 6L 3,0L alimenté par un carburateur (185 chevaux - BMW 630CS). Nous nous intéresserons toutefois à la version la plus puissante de la Série 6 E24, il s’agit de la BMW M635 CSi de 1984, développée en partenariat avec BMW Motorsport. Celle-ci est équipée d’un moteur emprunté à la mythique BMW M1, un six cylindres en ligne de 3,5L développant 286 chevaux.

Ainsi chaussée, c’était une véritable bête mais également une rareté. Avec sa boîte manuelle à 5 rapports, la BMW M635 CSi est une propulsion particulièrement puissante, qui avait absolument toutes les compétences pour se mesurer aux sportives de son époque. La répartition des masses est idéale (53,6/46,4) et offre un comportement routier équilibré. Mais il ne faut pas se voiler la face : il s’agit d’une GT bourgeoise et confortable, qui ne se prête pas forcément à une conduite dynamique sur petite route de campagne. Nous en voulons pour preuve, elle est une des rares autos de la marque à l’hélice à pouvoir dépasser les 250 km/h de série (bien avant que n’intervienne le bridage électronique), caractéristique qui sied davantage à l’Autobahn allemand. Par ailleurs, la consommation de cette auto est moins gourmande que ce que l’on pourrait penser, compte tenu de son potentiel. 

Environ 3500 exemplaires de la M635 CSi ont été construits, sur les 85000 unités de la Série 6 E24. L’auto est devenue assez prisée par les collectionneurs, avec des prix pouvant atteindre les 45,000 euros pour cette version.

BMW Série 6 E24 M635 CSi 

  • Moteur : 6 cyl en ligne - 3,5 L
  • Puissance : 286 ch
  • Couple : 340 Nm 
  • 0 à 100 km/h : 6,6 secondes
  • Vmax : 255 km/h
     
Top