BMW Série 5 (E12) dès 1972 - L’icône culturelle

BMW Série 5 (E12) dès 1972 - L’icône culturelle

La première Série 5 de l’histoire est une berline tricorps 4 portes et 5 places. Elle est le fruit d’un positionnement intéressant de BMW, qui souhaitait développer un véhicule qui se situerait entre la fameuse deux portes BMW Série 02 (à ne pas confondre avec la Série 2 moderne donc) et la berline E3, beaucoup plus grosse. C’est donc parallèlement aux jeux olympiques de Munich en 1972 que naît la BMW Série 5 E12, une auto qui consolide le segment premium pour le constructeur allemand, initié par la « Neue Klasse » dans les années 60. Cette auto sera produite de 1972 à 1981 (même si sa production va continuer en Afrique du Sud jusqu’en 1985), et va permettre à BMW de franchir un nouveau cap.

Au-delà de son apport à la marque, elle apporte également de la cohérence en inaugurant un nouveau procédé de nomination des voitures, avec une classe qui permet d’identifier le modèle, qui sera décliné selon la motorisation choisie. La BMW Série 5 E12 a donc bouleversé profondément le constructeur allemand dans sa philosophie même, en plus de son impact culturel (l’inspecteur Derrick conduisait une BMW E12 et l’ennemi public numéro 1, Jacques Mesrine, a été tué au volant d’une BMW Série 5 E12 528i).

L’auto reprend plus ou moins les traits des berlines BMW 1800-2000 qui ont fait le succès de la marque, avec un aérodynamisme retravaillé. Ses lignes sont l’oeuvre du designer automobile français Paul Bracq (plus connu pour ses oeuvres chez Mercedes-Benz), et sont beaucoup inspirées du concept car Garmisch de 1970 (dont une version moderne a été présentée à la Villa d’Este). Le bossage linéaire du capot, ainsi que la calandre à quatre phares sont autant d’éléments caractéristiques de l’identité visuelle de BMW dans les années 70, qui se retrouvera tout au long des autres véhicules abordés dans ce dossier. 

Dans l’habitacle, le confort est amélioré. Le volant est immense, les sièges sont aussi confortables que des fauteuils et il y a assez d’espace sur la banquette arrière pour accueillir 3 adultes confortablement. Cette Série 5 E12 inaugure également le tableau de bord orienté vers le conducteur, qui deviendra par la suite un grand classique de l’ergonomie. La boîte automatique apparaît en option dès 1977 sur la E12 518i. Toutefois, les équipements de série sont assez pauvres au lancement de l’auto (ex : toit ouvrant de série), mais BMW ne souhaite pas trop prendre de risques sur le terrain de l’habitacle : pourquoi changer une recette qui gagne  ? L’essentiel des améliorations se feront sur un terrain technique.

La Série 5 E12 est proposée avec deux motorisations à sa sortie. D’une part un 4 cylindres alimenté par deux carburateurs, et d’autre part le même 4 cylindres mais cette fois-ci alimenté par injection (et donc avec une hausse de puissance). Ces moteurs à injection prendront le pas, notamment au niveau de la nomenclature, vu qu’ils représentent le fameux  « i » des modèles (ex : 518i).

Plusieurs versions de la Série 5 E12 sont sorties, avec des puissances variables, oscillant entre 113 chevaux et jusqu’à 184 chevaux (E12 528i). Mais c’est sa version la plus sportive qui nous intéresse, la BMW M535i E12 de 1979. Celle-ci est équipée d’un 6 cylindres en ligne et développant 218 chevaux. Il s’agit ni plus ni moins de la version ultime de la Série 5 de l’époque, sans réellement passer par la division M Sport (avec la première M5 en 1984, basée sur la génération E28). Environ 1400 exemplaires de cette voiture furent construits, pendant une production d’à peine 2 ans.

La BMW M535i E12 était radicale par essence, c’était une véritable propulsion qui a certainement donné l’envie à BMW de sortir son M5. Dire que l’auto pouvait être encore plus sportive grâce à de nombreuses options, comme le pont autobloquant, des sièges Recaro ou encore une boîte Sport. Par ailleurs, l’auto était équipée d’un spoiler avant et d’un becquet arrière et pouvait également recevoir des bandes décoratives.

La Série 5 E12 est une véritable routière qui ne craint pas les kilomètres ni les petites routes de campagne (même s’il s’agit d’une imposante berline) malgré la direction non-assistée. Les versions six cylindres développent une véritable mélodie, qui semble avoir disparu de nos jours avec l’avènement des turbo.

BMW Série 5 M535i E12

  • Moteur : 6 cyl en ligne - 3,4 L
  • Puissance : 218 ch
  • Couple : 310 Nm
  • 0 à 100 km/h : 7,4 secondes
  • Vmax : 225 km/h
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