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Opel et le break, un duo historique

Publié le Ven. 16 Juillet à 09h28 par Webcarnews - Lu 961 fois

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La présentation prochaine du nouveau break compact d'Opel, l'Astra Sports Tourer, est une bonne occasion de rappeler l'effet créé par Opel en Europe quand le constructeur lança l'Olympia Rekord Caravan en 1953.

Dès l'aube de l'automobile, il y a eu une nette démarcation entre les fourgons de livraison, qui embarquaient marchandises et colis encombrants, et les automobiles, qui transportaient les gens avec un maximum d'espace et de confort. La plupart des usages quotidiens qui rendent un break si pratique de nos jours n'existaient pas alors : pas besoin de loger tout un chariot de courses pour la semaine, pas de planche de surf à rentrer dans le coffre pour un week-end à la mer. Avant le milieu des années 30, les bagages n'avaient même pas leur place dans l'habitacle. En règle générale, on mettait les affaires dans de solides malles, que l'on arrimait sur des galeries à l'arrière ou sur les marchepieds.

En Europe, la distinction entre la fourgonnette et la voiture de tourisme a commencé à s'estomper avec l'arrivée de la construction monocoque, ce qui a correspondu au début du Wirtschaftswunder allemand - le miracle économique - des années 50. Comme aux USA quelques années plus tôt, l'arrivée de la bourgeoisie s'est conjuguée au baby-boom, ce qui a créé naturellement le besoin d'un nouveau type de véhicule. Les breaks ont représenté la solution idéale : ils pouvaient servir de voiture à tout faire pendant la semaine, et de familiale le week-end. Opel a été le premier constructeur allemand à sentir le vent venir et à offrir une voiture capable de proposer cette polyvalence.

En 1953, au Salon international de l'automobile de Francfort, Opel présentait le premier véritable break européen : l'Olympia Rekord, avec son arrière cubique mais vitré, était exposée à côté de la version berline. Les deux partageaient une carrosserie ponton et l'avant caractéristique en bouche de squale, mais le break arborait un nom qui allait entrer dans l'histoire automobile et devenir synonyme d'un type automobile : le « CarAvan. » Selon la légende, l'association des mots « car » (voiture en anglais) et « van » (fourgon) vient de l'interrogation « Is this car a van ? »

Le concept du break a séduit par la suite de nombreuses personnes et Opel s'est efforcé de réaliser une élégante version break aux côtés de chaque nouveau modèle Opel. La marque a produit environ 23.400 breaks en 1953 et 1954, soit plus de 10% des ventes de berline. En 1955, les breaks atteignaient environ 20% : 107.000 berlines et 24.000 breaks.

Encouragé par la hausse des ventes des breaks sur le segment des véhicules de taille moyenne, Opel a ajouté une variante break à sa première compacte d'après-guerre, la Kadett A 1962. En 1970, Opel donna naissance à un nouveau style de break, orienté délibérément vers des activités purement familiales et de loisirs. Il s'éloignait volontairement du monde du travail avec des accents plus sportifs et lifestyle.

Opel avait donné un premier signe de cette orientation au Salon Automobile de Genève 1968, avec son étude « Commodore Voyage ». Le concept est devenu réalité en 1970 sous forme de l'Ascona Voyage, reprenant le caractéristique panneautage latéral imitation bois. Le nom du modèle, Voyage, montrait clairement l'orientation future du break : sa carrière de fourgonnette était bien finie, et Opel était encore une fois à l'avant-garde.

Les faits ont montré qu'il avait raison : au début des années 70, seuls 20% des clients de breaks utilisaient leur véhicule exclusivement à des fins personnelles ; au début des années 90, ils étaient plus de 50%. La gamme Caravan qui, depuis l'Ascona Voyage, proposait toujours une version particulièrement luxueuse et sportive, permettait à tous d'avoir un véhicule polyvalent adapté à chaque goût et chaque budget.

Le nouvel Astra Sports Tourer, présenté au Mondial de l'Automobile de Paris 2010, est l'évolution normale de l'espèce : c'est un break qui se veut élégant, disposant d'une fonctionnalité de premier ordre et d'un ample volume de chargement. Comme le premier Caravan, il permet à son propriétaire d'avoir une seule voiture pour son usage privé et professionnel. Mais il dispose aussi de toute la sportivité et du luxe apparus pour la première fois sur les breaks Opel « Voyage » des années 70, mais sous une forme contemporaine.

 

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