Publié le Ven. 05 Fevrier à 16h04 par Webcarnews - Lu 1099 fois
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Plus connue sous le nom de Carioca, la Volvo PV36 est sans doute l'un des modèles les plus emblématiques du constructeur suédois. Retour sur un emblème qui n'a pas toujours été reconnu à sa juste valeur et qui a été au centre d'une polémique avec la Chrysler Airflow.
Dès son arrivée la Volvo PV36 suscite le débat. En effet beaucoup reprochent aux ingénieurs du constructeur suédois un plagiat éhonté de la Chrysler Airflow commercialisée un an plus tôt. Une date qui permet aujourd'hui à Volvo d'écarter
officiellement les critiques. En effet, il était impensable à l'époque (même de nos jours), de plagier et produire un véhicule aussi rapidement. Au début des années 30, les ventes de Volvo n'atteignaient pas les 1000 unités par an. Il s'agissait de modèles classiques, assez semblables les uns aux autres. Des blocs 6-cylindres sur de robustes châssis, des panneaux d'acier habillant une structure de carrosserie en bois, avec des ailes détachées et des marche-pieds, des malles extérieures, des radiateurs verticaux et des feux séparés. Ils ressemblaient à la plupart des voitures de l'époque, offrant cependant une conception et une fabrication de belle facture, peu courante en ce temps-là. Le responsable du style dépouillé des premières Volvo est un artiste-peintre, un certain Helmer MasOlle. La Volvo sortie au printemps 1935 ne porte cependant aucune trace du pinceau de l'artiste-peintre. La voiture est l'oeuvre d'un seul homme. Un certain Ivan Örnberg.
La Volvo PV36 était animée par la dernière version en date du 6-cylindres, moteur à combustion externe de 3.67 L de cylindrée, développant un peu plus de 80ch. Ce moteur était logé sous un capot intégré à la face avant et sur lequel mordaient les phares, qui entouraient une grille de radiateur classique mais joliment dessinée,
sans créer de discontinuité dans la proue, comme sur d'autres Volvo à élément séparé. Les ailes avant se détachaient toujours quelque peu de l'ensemble mais si les phares avaient été positionnés à leur sommet au lieu de se fondre dans la face avant, les ambitions de profilage seraient passées inaperçues. C'est en fait l'emplacement et le style des phares qui donne tout son cachet à la voiture et rappelle la Chrysler Airflow. Les différences entre les deux voitures sont pourtant marquantes et nombreuses. A fortiori, il n'existe pratiquement aucune ressemblance entre la Hupmobile et la Carioca. La Volvo PV36 présentait des portes avant et arrière articulées sur le montant B, comme la Hupmobile. A l'instar de l'Airflow, la PV36 possédait un carénage de roues habillé d'un motif chromé. Ce motif de finition, il est vrai, est à première vue quasiment identique sur les deux voitures. Peut-être Örnberg l'a-t-il découvert sur l'Airflow en 1934, s'en est-il inspiré et s'est-il empressé de commander une pièce similaire, à moins qu'il ne se la soit procurée auprès du même fournisseur que Chrysler.
L'appellation PV 36 ne renvoie nullement à la logique de chiffres en vigueur sur les autres modèles Volvo. On a plutôt cherché à traduire l'idée que « la voiture du futur était déjà là aujourd'hui », autrement dit 36 pour 1935.
Pourquoi donc la voiture s'appelle-t-elle Carioca, comme la danse du même nom ? Comme Volvo s'est mis très tôt à exporter sa gamme au Brésil, dès 1933, on peut en déduire que le vocable Carioca fut utilisé pour s'attirer les faveurs du marché brésilien en l'associant aux habitants de Rio plutôt qu'à la danse. Certaines Carioca ont d'ailleurs bel et bien fini au Brésil.
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