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Etats Généraux de l`Automobile, 1ère discussion

Publié le Mer. 21 Janvier à 12h22 par Webcarnews - Lu 1270 fois

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Ça a été le fil rouge de la première journée des Etats Généraux de l'Automobile qui se sont tenus hier à Bercy, l'aide de l'Etat aux constructeurs ne se fera pas sans contrepartie. En effet François Fillon a promis une enveloppe d'au moins cinq milliards d'euros en précisant bien qu'elle ne serait pas compatible avec d'éventuelles délocalisations. Retour sur une journée cruciale pour l'avenir de l'automobile en France.

Dans le rôle du maître de cérémonie : Luc Chatel, Secrétaire d'Etat chargé de l'Industrie et de la Consommation, missionné par le Président de la République pour apporter des solutions urgentes de relance à la filière automobile durement touchée par la crise. En ouvrant les Etats Généraux hier matin, ce dernier a pris un ton grave, à la mesure de la triple crise que traverse selon lui l'automobile française. Une crise financière tout d'abord, une crise de la demande et enfin une crise du modèle économique de l'automobile en proie à une compétitivité féroce.
Pour Carlos Gosh, Président de Renault et présent lui aussi à la tribune, c'est l'accès au crédit de plus en plus limité qui a fait chuté la demande et qui empêche les constructeurs de continuer à innover par manque de liquidité. Selon lui toujours, la crise va bouleverser le paysage automobile mondial et le creux de la vague est encore à venir. Comme son homologue chez PSA Christian Streiff, le grand patron de la firme au losange a rassuré le gouvernement sur ses intentions de conserver ses unités de productions en France. Toutefois, les cinq à six milliards d'euros promis par le Premier Ministre ne seront pas suffisants pour rester compétitif par rapport à l'Europe de l'Est par exemple, et il a demandé une baisse des charges sociales et de la taxe professionnelle.

L'enjeu est énorme, on parle d'un actif sur dix en France qui travaille directement ou indirectement pour l'automobile et les différents débats de la journée n'ont eu de cesse de répéter que l'automobile française ne se résumait pas à deux constructeurs. C'était aussi l'objectif de cette réunion exceptionnelle, restaurer le dialogue entre les différents acteurs de la filière. C'est en tout cas ce que Christine Lagarde, Ministre de l'Economie, a souligné dans son allocution de l'après-midi : « l'Etat est là pour restaurer une confiance, une sécurité pour pouvoir innover et aller de l'avant ensemble. »

Mais ce plan d'aide ne plaît pas à tout le monde et notamment à Bruxelles qui n'est pas en faveur des plans nationaux. Pourtant, Bruno Le Maire, Secrétaire d'Etat chargé des affaires européennes, l'a rappelé : « Bruxelles doit prendre ses responsabilités et les quatre milliards que la Commission Européenne a promis ne seront pas suffisants. Une solution européenne est primordiale, mais nous ne pouvons pas attendre trois mois. C'est pour cela qu'une solution nationale est nécessaire à l'urgence de la situation. » Plus tôt, Carlos Goshn, président également de l'association des constructeurs européens (ACEA), avait avancé le chiffre de quarante milliards pour soutenir la production et l'innovation au niveau européen.

L'innovation a donc été un des thèmes centraux de cette journée et l'idée générale qui en ressort c'est de se servir de la crise comme une opportunité pour accélérer le développement de nouvelles technologies plus propres. Pour Robert Rochefort, Directeur Général du CREDOC, l'innovation ne doit pas seulement être technologique, l'utilisation et le rapport que nous avons à l'automobile doivent évoluer.
En effet tout au long des débats, une idée majeure a émergé, l'électrique, présenté par beaucoup comme la solution miracle, ne pourra pas remplacer tous les autres modes de propulsion. En d'autres termes, il n'y aura pas une, mais plusieurs voitures du futur. L'électrique pourra investir les grands centres urbains et leurs périphéries proches, mais l'essence et l'hybride devront prendre le relais pour les longs parcours. Certains ont même évoqué un système de location ponctuelle d'une grande souplesse d'utilisation, mais qui n'a aucun avenir sans une intervention de l'Etat dans la construction d'infrastructures.
« Il va falloir accepter la fin de la voiture « couteau Suisse », aussi à l'aise en ville que sur route, l'avenir ce sera une voiture pour une utilisation », a expliqué Guillaume Duvauchelle, Directeur de la recherche chez Valeo. Mais selon l'économiste Elie Cohen, cette innovation majeure ne pourra se faire sans des conditions institutionnelles, absentes pour le moment.

Au delà des sommes promises par le Gouvernement et de la signature en fin de matinée du protocole d'accord du Fonds de modernisation des équipementiers automobiles doté de 300 millions d'euros, financé à part égales par le Fonds Stratégique d'Investissements, PSA et Renault, cette première journée des Etats Généraux a ouvert la voie au dialogue entre les différents acteurs de la filière. Tout le monde s'accorde à dire que ce sera dur, des emplois seront supprimés, mais la clé du succès se situe dans l'innovation et la recherche d'énergies propres. Sans manquer de rappeler que l'Etat n'abandonnera pas l'automobile française à condition que celle-ci n'abandonne pas la France, Luc Chatel a clôt cette journée qui n'est que le début d'un grand chantier par un « Yes we can » de rigueur.

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