Autant le dire tout de suite, ça va mal dans l'automobile ! Quelques jours après l'annonce de plusieurs périodes de chômage technique chez PSA et chez Renault, l'ambiance est plutôt morose dans le secteur, d'autant que la crise financière fait peser un voile sombre sur l'année 2009. Faisons le tour des perspectives.
Avec des actions en chute libre, près de - 15 % pour les valeurs PSA et Renault, des plans de départ dans plusieurs usines et une baisse générale des ventes entraînant des périodes de chômage technique, l'industrie automobile française traverse une mauvaise passe. Si les chiffres 2008 devraient rester de justesse dans le vert grâce à un bon début d'année, 2009 s'annonce mal. Seules les petites voitures résistent, un phénomène amplifié par l'effet bonus/malus. Et comme le dit si bien Jean-Louis Borloo : « c'est l 'écologie qui sauvera l'économie ». Il semble que le Mondial ait déjà pris de l'avance avec une domination écrasante des voitures vertes et notamment électriques. L'avenir des usines françaises passerait-il par la production de ces modèles écolos ? Peut-être. En tout cas la récente affaire de Sandouville, l'usine Renault qui produit la Laguna dont les ventes peinent à décoller, pousse à ce constat.
À l'inverse, les marques de prestige n'ont jamais fait autant de bénéfices, les carnets de commandes de la Ferrari California sont pleins jusqu'en 2010 et Porsche dévore progressivement son ancien actionnaire Volkswagen. Le marché s'étire donc vers les extrêmes, de plus en plus de petites voitures économiques et de plus en plus de voitures de luxe gourmandes en carburant. Entre les deux c'est la catastrophe, les SUV, les berlines de moyenne gamme et les monospaces ne se sont jamais aussi mal vendus.
Le spectre de la délocalisation
La crise des « subprimes » a prouvé une nouvelle fois l'interdépendance des marchés. Wall Street plonge, les autres bourses aussi. On constate le même phénomène dans l'automobile. Ford connaît actuellement
une crise sans précédent sur son propre marché et cherche par tous les moyens à remplir les caisses. Cela a commencé par la vente de plusieurs marques et comme ça ne suffisait pas, le groupe américain envisage la fermeture de plusieurs sites de productions notamment en France. La France qui pourtant est un marché porteur pour Ford qui se classe cinquième en nombre de véhicules vendus. La solution pour les constructeurs semble inévitable, délocaliser. Faire fabriquer là où la main d'oeuvre est la moins chère permet d'abaisser les prix de fabrication, donc les prix de ventes, mais aussi de limiter la casse en cas de crise.
L'annonce du rachat d'Autovaz par Renault n'est peut-être pas aussi réjouissante que le constructeur veut le faire entendre. En prenant 25 % du capital du géant russe, Renault met à disposition son savoir-faire technologique au service de Lada afin que la marque améliore son image de marque. En contre partie, la marque au losange profite de l'énorme capacité de production des usines russes. Si pour l'instant seuls les Logan et les Sandero seront assemblées en Russie, rien ne dit que d'autres modèles Renault du genre Clio ou Mégane n'y seront pas construits. Certains y voient une formidable réussite internationale d'un groupe français, d'autres la fuite du travail vers d'autres contrées où le salaire moyen ne dépasse pas 300 ?. Question de point de vue !
Sans jouer les Cassandre, l'automobile française doit vite se relever. La production de voitures plus vertes pourrait être une solution ou alors carrément pousser vers le grand luxe, la France jouit d'une réputation inégalable dans la gastronomie et dans la mode, alors pourquoi pas dans l'automobile. Les concept-cars français du Mondial ont d'ailleurs démontré toute l'étendue de notre savoir-faire. Sans cela, les licenciements et les grèves pourraient supplanter la crise à la une des journaux.